Nelson Freire

Né au Brésil, Nelson Freire donne son premier récital à 5 ans déjà. A 12 ans, il est lauréat du Concours International de Rio de Janeiro. Il continue alors ses études à Vienne avec Bruno Seidlhofer, le professeur de Friedrich Gulda. En 1964, il reçoit à Lisbonne le premier grand prix du concours Vianna da Motta et, à Londres, les médailles d’or des concours Dinu Lipatti et Harriet Cohen. Sa carrière internationale commence en 1959 et l’emmène aux quatre coins du monde. La liste des salles qui l’accueillent, des orchestres et chefs qui l’accompagnent est impressionnante et comprend tous les plus grands noms de la musique: Pierre Boulez, Riccardo Chailly, Valery Gergiev, Eugen Jochum, Kurt Masur, Lorin Maazel, Rudolf Kempe ou bien encore Seiji Ozawa. Il faut aussi citer Martha Argerich, avec qui Nelson Freire entretient une amitié qui dure depuis plusieurs décennies et a donné lieu à d’historiques enregistrements et tournées au Japon, en Amérique du Sud et aux Etats-Unis.

L’activité discographique de Nelson Freire est couronnée d’innombrables prix et distinctions obtenus tout au long de sa carrière. Deux importantes compilations ont été publiées ces dernières années: un coffret de sept disques «The Complete Columbia Album Collection» chez Sony et, chez Decca, le recueil «Radio Days» réunissant des enregistrements radio de 1968 à 1979. Toujours chez Decca, son dernier disque se consacre à Bach et reçoit le prestigieux prix Echo Klassik dans la catégorie « meilleur enregistrement solo de l’année 2016 ».

Nelson Freire, piano

Dimanche/Sonntag
22.10.2017 : 17h00 
Eglise du Pasquart / Pasquart-Kirche

JOHANN SEBASTIAN BACH (1685-1750)
Präludium und Fuge g-Moll für Orgel, BWV 535 (Bearbeitung Alexander Ziloti)
«Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ», Choral für Orgel, BWV 639 (Bearbeitung Ferruccio Busoni)
«Komm, Gott Schöpfer, heiliger Geist», Choral für Orgel, BWV 667 (Bearbeitung Ferruccio Busoni)
«Jesus bleibet meine Freude», Choral aus der Kantate BWV 147 (Bearbeitung Myra Hess)

ROBERT SCHUMANN (1810-1856)
Fantasie für Klavier C-Dur, op. 17 (1836-1838)
 Durchaus phantastisch und leidenschaftlich vorzutragen
 Mässig. Durchaus energisch
 Langsam getragen. Durchweg leise zu halten

HEITOR VILLA-LOBOS (1887-1959)
Bachianas brasileiras n° 4 – Prelúdio (Introdução) (1930)

Prole do bebê n° 1 (La famille du bébé) (1918)
 Branquinha (La poupée blanche en biscuit)
 A pobrezinha (La pauvrette, poupée de chiffon)
 Moreninha (La poupée brune de papier mâché)

FRÉDÉRIC CHOPIN (1810-1849)
Sonate pour piano n° 3 en si mineur, op. 58 (1844)
 Allegro maestoso
 Scherzo. Molto vivace
 Largo
 Finale. Presto non tanto – Agitato

Nelson Freire, géant du piano, nous présente des œuvres à sa mesure. A commencer par la Fantaisie en do majeur op. 17 de Robert Schumann, l’un des sommets de la littérature pour piano. Fruit d’une longue gestation, la pièce se veut un hommage à Ludwig van Beethoven (le premier mouvement cite d’ailleurs une mélodie extraite du cycle de lieder An die ferne Geliebte), mais aussi un chant d’amour adressé à Clara Wieck, la future épouse du compositeur. De la passion exaltée du premier mouvement jusqu’à la ferveur incantatoire du finale, sorte de monumentale berceuse, la partition nous fait explorer l’âme même du romantisme schumannien.

Autre monument érigé à la gloire du piano, la Sonate n° 3 en si mineur op. 58 fait partie des dernières compositions de Frédéric Chopin. Ces pages ardentes elles aussi démontrent une richesse harmonique sans précédent qui pointe dans la direction de Richard Wagner. Le Largo est un nocturne d’une profondeur abyssale, le plus développé de l’auteur.

L’écriture souvent polyphonique, en particulier dans l’Allegro maestoso initial, témoigne de l’influence de Johann Sebastian Bach chez Chopin, une présence qui se remarque également chez Schumann.
Nelson Freire jouera donc, tel en écho, quelques chorals et préludes du Kantor de Leipzig. Il n’oubliera pas non plus de rendre hommage à son pays natal, le Brésil, au travers de courts morceaux extraits de la suite Prole do bebê. Heitor Villa-Lobos évoque ici l’univers de l’enfance en une série de portraits de poupées, remplis de poésie et d’inventivité.